13 mai 2007
Interview de Marie-Aude Murail par Salimatou
Salimatou, grande lectrice et admiratrice de Marie-Aude Murail a interviewé pour vous l'auteur de Devenez populaire en 5 leçons, Baby-Sitter Blues, Maïté Coiffure, Golem et tant d'autres romans que vous avez aimés...
Qu'est-ce qui vous a donné envie d'être écrivain?
Je suis d'une famille où l'on écrit, un père poète, une mère journaliste, un frère écrivain, une soeur écrivain et même une belle-soeur traductrice!
Quand est-ce que vous avez commencé à écrire?
J'ai commencé à écrire pour ma petite soeur, j'avais douze ans et je lui fabriquais une sorte de journal avec un feuilleton, des blagues, le courrier des lecteurs, etc.
On a vu que vous et vos frères ont écrit la saga de Golem. Qui d'entre vous a eu cette idée? Quand avez-vous eu l'idée d'écrire ensemble?
Nous avons toujours beaucoup joué ensemble Lorris, Elvire et moi. Le glissement vers l'écriture s'est fait naturellement. Nous avons commencé, ma soeur et moi, par écrire des textes courts comme "Il était trois fois" chez Bayard. puis nous avons eu envie parce que la mort de notre maman, puis la distance, nous séparaient, d'écrire plus longuement. Lorris, apprenant notre projet, a demandé à se joindre à nous. Nous nous sommes retrouvés dans notre maison d'enfance pour chercher notre sujet de roman. Nous nous sommes un peu disputés au début de l'après-midi, comme lorsque nous nous demandions "bon à quoi on joue?" les jeudis de notre enfance. Mais l'urgent quand on est enfant, c'est de jouer et on ne s'est jamais disputés longtemps. Nous avons vite trouvé notre sujet, presque sans nous en rendre compte, en blaguant, en renchérissant sur ce que disait l'autre. Et à la fin de l'après-midi, tout étonnés, nous nous sommes aperçus que nous tenions notre roman (ou du moins le premier épisode!)
Vous faites beaucoup de livres pour adolescents. Vous vous inspirez de faits réels?
Dans mes romans pour adolescents, je m'inspire parfois de faits-divers (comme pour les sans-papiers dans Vive la République!), parfois d'un vécu personnel (pour l'avortement dans "la fille du Docteur Baudoin"), mais aussi je mêle des souvenirs d'enfance à l'enfance de mes propres enfants (pour la série des Je Bouquine repris sous le titre "Je suis un héros" chez Bayard). je surfe sur Internet (par exemple pour les témoignages de NDE dans "l'expérienceur"). Je vais interroger les gens (des médecins, des assistantes sociales pour pouvoir parler de la leucémie, de l'adoption, etc.) J'utilise, parfois sans même m'en rendre compte des films, des poèmes, des chansons, des romans qui se sont enfoncés dans les profondeurs de mon inconscient. Je viens de me rendre compte ces jours-ci en relisant "La clinique du dr H" de Mary Higgins Clark de ses liens avec mon roman "Rendez-vous avec monsieur X". Comme le disait Aragon : "Je n'aurais pas tant écrit si je n'avais pas tant lu"...
09 mars 2007
Questions à... Jean-Claude Mourlevat
Jean-Claude Mourlevat, (l'auteur de L'Enfant océan, La Rivière à l'envers, La Balafre,etc.) a accepté que la classe reproduise sur son blog des extraits des questions-réponses qui figurent sur son site (www.jcmourlevat.com). Nous le remercions très sincèrement, pour cela bien sûr, mais encore plus pour ses livres!
En attendant que des élèves se sentent le courage de poser eux-mêmes des questions à l'auteur...
A quel âge avez-vous commencé à écrire ?
Pourquoi écrivez-vous ?
- Parce que je chante mal ! Ecrire est une consolation.
- Parce que c’est ce que je sais le mieux faire.
- Parce que je considère mes livres comme autant de cadeaux que je ferais aux gens que j'aime.
- Parce que j'adore inventer et raconter des histoires.
- Parce que c’est une façon de mettre de l’ordre dans le monde, de lui donner du sens.
Qu’est-ce qui est le plus difficile dans votre métier ?
C’est, à chaque roman achevé, le sentiment que je suis vide, nul et à jamais incapable d’en imaginer un autre. Ça dure quelques semaines.
Qu’est-ce qui est le plus agréable ?
C’est trouver une bonne idée. Dans ce cas, je jubile comme si on venait de m’annoncer une formidable nouvelle.
Etiez-vous bon en français à l'école ?
Lequel de vos romans préférez-vous ?
Combien de temps mettez-vous pour écrire un roman ?
Que lisiez-vous quand vous étiez enfant ?
Quels sont vos auteurs préférés ?
Dino Buzzati (Le désert des tartares)
Paul Auster (La musique du hasard)
Cervantès (Don Quichotte)
Molière (Don Juan)
Collodi (Pinocchio)
Becket (En attendant Godot)
etc... La liste est très loin d'être limitative, ce sont les noms qui me viennent à l'esprit en premier.
Pourquoi écrivez-vous pour les enfants ? Est-ce plus facile ou plus difficile que pour les adultes ?
Je n'écris pas pour les enfants, mais pour tout le monde. Je ne pense jamais « enfant » quand j’écris. J’aime les contes parce que le petit enfant y trouve son compte, l'adulte aussi. Je m'efforce d'atteindre cette perfection-la. Au dos de mes romans, il est écrit : A partir de 10 ans, 11 ou 12 ans. Or, je ne connais bien ni les pré-ados, ni les ados et, oserai-je le dire ?, ils ne m'intéressent pas davantage que les bébés ou les personnes âgées.






